L’an 2021 marque le 20e anniversaire de trois jalons majeurs pour le secteur bénévole et communautaire canadien : (1) l’Année internationale des bénévoles 2001; (2) le lancement du tout premier Code canadien du bénévolat; et (3) la signature d’un accord entre le gouvernement du Canada et le secteur bénévole et communautaire.  L’an 2021 constitue également l’occasion d’outiller et de positionner notre secteur pour les 20 prochaines années à mesure que nous rétablissons, restaurons, repensons et resituons notre espace et notre place dans la société; que nous naviguons l’incidence de la pandémie; et que nous prenons des mesures concrètes relatives au racisme et à l’injustice sociale.

Lorsque je repense au début du présent millénaire, je me rappelle une époque pleine de promesse, d’inspiration et de confiance collective. Le secteur bénévole et communautaire et le gouvernement du Canada travaillaient sur le rapport Working Together[1], co-produit par trois tables conjointes[2], et jetaient les bases de l’Initiative sur le secteur bénévole et communautaire[3].  Ces tables conjointes ont été organisées dans le but :

  1. de renforcer la relation entre le gouvernement du Canada et le secteur bénévole;

  1. de renforcer la capacité du secteur bénévole et communautaire;

  1. d’améliorer les milieux réglementaire et législatif dans lesquels fonctionne le secteur.

Pendant l’Année internationale des bénévoles de 2001[4], le thème de la Semaine de l’action bénévole au Canada était « La valeur de chacun, La force du nombre».  Le pays mettait pleins feux sur les énormes contributions des bénévoles, ainsi que sur le savoir-faire des responsables de l’engagement bénévole.  Ce thème accentuait le fait qu’un seul geste accompli par une seule personne pouvait faire une grande différence.  De plus, il reconnaissait les changements découlant des nombreuses actions individuelles et collectives.  Pour souligner l’occasion, Bénévoles Canada avait publié le tout premier Code canadien du bénévolat. Dirigé par Liz Weaver à titre de projet principal pour sa maîtrise en gestion dans le cadre du programme McGill-McConnell pour les leaders du secteur bénévole, le Code articule les valeurs, les principes et les normes de pratique de l’engagement bénévole.

« Le bénévolat est essentiel à toute société juste et démocratique.  Il encourage l’engagement civique et la participation active à la création de la société voulue.  Il accorde à chacun une voix et l’espace nécessaire pour contribuer à la qualité de vie des collectivités.  Le bénévolat est essentiel à toute collectivité forte, inclusive et résiliente.  Il favorise le changement et le développement grâce aux efforts collectifs de ceux qui connaissent le mieux la collectivité.  Il permet de cerner et d’appuyer les forces et les atouts locaux en vue de relever les défis communautaires, tout en renforçant le tissu social. » [5]

En décembre 2001, un accord entre le gouvernement du Canada et le secteur bénévole et communautaire a été signé.  Co-créé par des leaders du secteur bénévole et des hauts fonctionnaires, il décrivait les rôles complémentaires des deux secteurs, leurs principes communs, les conditions d’engagement et le concept de responsabilité mutuelle.  Le gouvernement du Canada et le secteur bénévole et communautaire ont également tracé la voie à suivre afin de collaborer sur des intérêts communs liés à la qualité de vie des Canadiens, à la vitalité des collectivités et aux rôles à jouer pour faire avancer les questions mondiales.

« Le secteur bénévole et communautaire et le gouvernement du Canada ont une longue tradition de collaboration pour atteindre des buts communs.  Tous deux estiment, toutefois, qu’il est avantageux d’officialiser la relation au moyen d’un accord, pour favoriser une plus grande compréhension mutuelle et des modes de collaboration plus solidaires. »[6]

Au cours des dernières années, les bénévoles qui sont montés au créneau lors des inondations, des feux de forêt, et, maintenant, de la pandémie sont revenus au premier plan.  Nous avons constaté le besoin d’adapter et de renforcer les normes de pratique afin d’offrir des services de qualité sécuritaires aux personnes les plus vulnérables.  L’importance que revêtent les principes directeurs régissant une collaboration entre les secteurs public, privé et sans but lucratif est également revenue au centre de la scène. 

L’intérêt pour notre secteur et pour l’engagement citoyen a refait surface.  En juin 2019, le Comité sénatorial spécial sur le secteur de la bienfaisance a publié un rapport intitulé Catalyseur du changement : une feuille de route pour un secteur de la bienfaisance encore plus robuste.  Parmi les 42 recommandations, notons un appel à l’élaboration d’une stratégie nationale relative à l’action bénévole.  Plusieurs de ces recommandations se rapportaient à la relation entre le gouvernement et le secteur, à la capacité du secteur, et aux milieux réglementaire et législatif.  L’Agence du revenu du Canada (ARC) a mis sur pied un Comité consultatif sur le secteur de la bienfaisance afin qu’il aborde certaines des questions législatives portant sur l’interprétation et l’administration de la Loi de l’impôt sur le revenu.  Les entreprises cherchent et trouvent des façons novatrices d’offrir divers programmes communautaires conjoints avec leurs partenaires sans but lucratif. 

Ainsi, lorsque nous célébrerons l’arrivée de 2021, unissons nos efforts afin de nous préparer aux 20 prochaines années en :

  1. continuant de mettre l’accent sur les contributions des bénévoles à mesures que nous abordons diverses questions sociales, économiques et environnementales;

  1. adaptant et en lançant à nouveau le Code canadien du bénévolat de façon à mieux refléter le nouveau paysage de l’engagement bénévole et les nouvelles tendances en la matière;

  1. actualisant et en signant à nouveau l’accord.

Joignez-vous à Bénévoles Canada mercredi le 2 décembre at midi, afin de réfléchir aux 20 dernières années et de regarder vers l’avenir dans le but d’unir nos efforts et de jeter de solides bases pour les 20 prochaines années.


[1] Table conjointe du gouvernement du Canada et du secteur bénévole et communautaire (1999), Working Together.

[2] Les trois tables conjointes étaient coprésidées par un haut fonctionnaire et un leader du secteur bénévole.  Elles regroupaient quatre membres de chaque secteur.  Le rapport final intitulé Working Together a jeté les bases de l’Initiative sur le secteur bénévole et communautaire.

[3] L’Initiative sur le secteur bénévole et communautaire a été lancée en 2000.

[4] Les Nations Unies ont déclaré que l’an 2001 était l’Année internationale des volontaires.  Bénévoles Canada a collaboré avec le gouvernement du Canada afin d’organiser des célébrations au pays.

[5] Liz Weaver et Bénévoles Canada (2001), Code canadien du bénévolat.

[6] Gouvernement du Canada et le secteur bénévole et communautaire (2001), Accord entre le gouvernement du Canada et le secteur bénévole et communautaire, page 4.