Au mois d’août, Bénévoles Canada et son Conseil sur l’engagement communautaire des entreprises ont organisé un rassemblement virtuel de trois jours.  Cet événement a attiré 90 délégués, notamment les 21 entreprises membres du Conseil, ainsi que divers partenaires communautaires sans but lucratif.  Le but de cette rencontre consistait à réfléchir ensemble à la vie en temps de pandémie et à trouver de nouvelles façons pour les Canadiens de faire du bénévolat, de faire des dons, de contribuer autrement au rétablissement de leur pays et d’en améliorer la résilience.  Les délégués étaient invités à partager leurs idées concernant de nouvelles options pour les Canadiens qui souhaitent aider, les meilleurs moyens pour les motiver, et les différentes façons dont les organismes sans but lucratif et les entreprises pourraient travailler ensemble.

Contexte de nos réflexions

Nous avons commencé par discuter de l’état des organismes sans but lucratif canadiens, des attentes du public envers les entreprises et les organismes sans but lucratif, et des incidences de la pandémie sur l’engagement communautaire des employés.  Nos données provenaient principalement du sondage de Bénévoles Canada réalisé en juin (Optique du bénévolat en temps de pandémie) et de différents autres sondages réalisés au Canada.  Certaines données supplémentaires étaient issues de sondages américains.

De là, nous sommes passés au bénévolat informel, à l’entraide populaire, au don des employés, au bénévolat axé sur les compétences et aux façons dont la génération Z influence déjà la société.  Nous avons terminé le tout par une séance de réflexion.  Je vais mettre l’accent sur certaines des idées et des leçons partagées lors de cette séance, car elles pourraient intéresser les organismes sans but lucratif.

La plus grande valeur

À mon avis, la plus grande valeur d’un rassemblement de ce genre est qu’il permet une meilleure compréhension menant à un développement entre les entreprises et les organismes sans but lucratif.  Au-delà d’une sensibilisation accrue à la situation et au point de vue de chacun, une telle rencontre peut donner lieu à une plus grande exposition et à une meilleure prise de conscience à plus grande échelle.  La plupart des entreprises travaillent avec un nombre limité d’organismes sans but lucratif et entretiennent une relation distincte avec chacun.  Il en va de même pour les organismes sans but lucratif.  Un des points qui a été soulevés lors de la séance finale se rapportait à l’avantage d’adopter une approche plus collective, surtout au niveau local : un groupe d’entreprises et un groupe d’organismes sans but lucratif pourraient se réunir afin de discuter des différentes façons d’aborder les défis et les enjeux de leurs régions respectives.

Comme une idée en entraîne souvent une autre, pourquoi ne pas inviter le secteur public à prendre part à la conversation?  Bénévoles Canada pourrait-il jouer un certain rôle en invitant les centres d’action bénévole à agir à titre de coordonnateurs?

Ainsi, la valeur d’un tel rassemblement ne réside pas dans le fait qu’un plus grand nombre d’organismes sans but lucratif sont exposés à un plus grand nombre d’entreprises et inversement (ce qui, toutefois, présente un grand intérêt pour tous), mais bien dans le fait qu’une toute nouvelle façon de fonctionner pourrait ressortir de la rencontre de gens de différents milieux, de la diffusion d’information qui les touche tous, et de l’occasion qu’ils ont d’y réfléchir ensemble.

Les entreprises sont à l’écoute

Bien sûr, d’autres commentaires ont été recueillis lors de cette dernière séance.  Pendant celle-ci et tout au long de la conférence, j’ai entendu de solides messages concernant la façon dont les entreprises (tous des employeurs à grande échelle) réagissaient aux perturbations et aux changements attribuables à la COVID-19.

  • Elles acceptent toutes les formes d’engagement communautaire des employés, qu’il s’agisse d’activités individuelles ou de groupe (bénévolat informel, axé sur les compétences et virtuel, et collecte de fonds).
  • Elles souhaitent éviter les projets de création d’emploi.  Elles aimeraient plutôt que leurs contributions soient utiles.
  • Elles sont prêtes à faire preuve de souplesse et à s’adapter.  Elles sont conscientes que les organismes sans but lucratif font de même.
  • Elles reconnaissent que les organismes sans but lucratif connaissent le mieux leur contexte et leurs besoins, mais elles sont tout de même conscientes du fait que, en raison de l’accent mis sur la gestion de la crise, ceux-ci pourraient avoir besoin de définir ou d’établir leurs priorités.  Néanmoins, malgré les meilleures intentions, ce n’est pas aux autres de décider pour eux.
  • Elles reconnaissent que les projets d’un jour en personne sont rarement possibles dans le contexte actuel et qu’il pourrait en être ainsi pendant encore longtemps.
  • Elles sont conscientes du fait que le type d’engagement le plus bénéfique pour les organismes sans but lucratif est l’engagement permanent qui évolue avec le temps.
  • Elles font face à leurs propres défis logistiques et budgétaires.  Dans certains cas, il s’agit d’une perte d’employés, de pertes de recettes ou d’une restructuration.

Au cours des derniers mois, certaines entreprises et certains organismes sans but lucratif ont réussi à relever les défis de cette pandémie avec audace et créativité.  Toutefois, comme cette crise n’a pas fini de nous éprouver, nous devons encourager davantage les conversations de ce type entre les secteurs afin que les entreprises et les organismes sans but lucratif puissent travailler ensemble et contribuer non seulement à rebâtir notre monde d’avant, mais également à créer un monde meilleur.

Pour connaître le point de vue des entreprises, nous vous invitons à lire « Highlights from the Corporate Community Engagement Council Gathering from a Corporate Perspective (en anglais seulement) ».